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mardi 22 août 2017

Estanh de Landas - Réserve naturelle nationale de l'Étang des Landes

Dans le Nord-est de la Creuse, au cœur de la plaine sédimentaire de Gouzon, l'étang des Landes (Estanh de Landas en occitan) est le plus grand étang naturel du Limousin. D'une superficie d'environ 100 ha et d'une profondeur maximale de 2 m, il abrite une abondante faune aquatique composée d'oiseaux échassiers, de canards, d'amphibiens (grenouilles), de libellules et de loutres.
La Réserve Naturelle Nationale de l'Étang des Landes protège l'étang et ses prairies humides depuis 2004. Quatre affûts parfaitement camouflés permettent d'observer les oiseaux aquatiques à distance, à condition d'avoir de bonnes jumelles!
Ce site naturel exceptionnel, unique en Creuse, est toujours sous la menace du projet minier de la société Cominor. Un collectif de citoyens et d'associations s'oppose à ce projet et entend faire valoir une autre vision pour le territoire (www.stopmines23.fr).

L'étang est fréquenté par de nombreux échassiers de la famille des Ardéidés: Héron cendré (Ardea cinerea), Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax), Grande aigrette (Ardea alba), Aigrette garzette (Egretta garzetta), etc. L'affût des Hérons est un endroit propice pour les observer.

 Depuis les affûts des Hérons et du Genévrier, on observe aussi divers oiseaux aquatiques voguant sur les eaux libres de l'étang: Cygne tuberculé (Cygnus olor, Anatidae), Fuligule morillon (Aythya fuligula, Anatidae), un canard plongeur noir, et Foulque macroule (Fulica atra, Rallidae) qui ressemble à une poule d'eau.

Les berges sablonneuses de l'étang abrite une importante flore composée de plantes aquatiques adaptées à la fluctuation du niveau d'eau. En particulier, la Litorelle à une fleur (Littorella uniflora, Plantaginaceae) forme d'importants herbiers aquatiques.
Herbiers aquatiques et gazons amphibies

Depuis le chemin de la digue occidentale, on aperçoit au loin le village de Lussat qui marque la limite occidentale de la région des Combrailles. Sur les rives l'ilot boisé (au centre), plusieurs hérons ont été observés.

En arrière des berges, les chemins des Brouilles, de la Digue occidentale et de l'Ermite sont bordés de chênes dont certains sont centenaires.

Au bord de l'étang, une mare ombragée est alimentée par une source, la Fontaine de l'Ermite. Au milieu du XXe siècle, un ermite vivait de la chasse à la sauvatgina (gibier aquatique) et de la pêche aux brochets. À noter que dans la Creuse, les sources sont habituellement appelées ''fontaines''.

Sur les berges, la végétation forme des zones denses appelées "roselières" où domine le roseau commun (Phragmites australis, Poaceae). Au loin, à travers les tiges des roseaux, on aperçoit les Monts de Toulx Sainte Croix.

Depuis l'affût des Trois Bouleaux, on observe une aigrette garzette (à gauche) et une grande aigrette (en haut à droite). Les deux échassiers ont un plumage uniformément blanc. L'aigrette garzette se distingue de la grande aigrette par une taille plus petite et un bec noir.

Autrefois chassée pour son plumage et victime des pesticides, la grande aigrette est une espèce menacée et protégée en Europe occidentale. De nos jours, ses populations se rétablissent progressivement.


La Presqu'île des Sables abrite une mare entourée d'une végétation dense et fréquentée par de nombreux amphibiens. 
La Grenouille verte d'Europe (Pelophylax sp., Ranidae) est un des amphibiens les plus communs dans les mares. Elle constitue une proie de choix pour les hérons, les couleuvres et les brochets.

La cime des arbres qui bordent l'étang accueille les nids des hérons et des aigrettes. En fin de journée, les oiseaux arrivent bruyamment en groupe pour nicher dans les cimes.

 Aménagé dans le Pavillon des Landes, la maison de la réserve est un écomusée dédié à l’accueil du public et à l'éducation à la protection des milieux humides.

À la sortie du déversoir de l'étang, une petite cabane appelée "l'Anguillère" servait autrefois à piéger les anguilles en migration vers la mer des Sargasses, leur lieu de reproduction situé dans l'Atlantique Nord (à plus de 5000 km de l'Étang des landes).

Le déversoir de l'étang qui rejoint, plus au nord, la Voueize, un affluent du Cher et de la Loire.

Autour de l'étang, le pâturage ovin extensif permet d'entretenir les landes humides et les prairies.

Pour en savoir plus:

dimanche 21 mai 2017

Réserve du Lac Saint-François

Situé dans le Sud-Ouest du Québec, à la frontière avec l'Ontario, l'État de New-York et le territoire Akwesasne, le lac Saint-François est un élargissement naturel du fleuve Saint-Laurent. En bordure sud du lac, la réserve nationale de faune du Lac-Saint-François est principalement recouverte de marais et marécages, parsemés de canaux et de petites buttes boisées. Elle constitue un refuge privilégié pour de nombreuses espèces d'oiseaux, d'amphibiens, de reptiles et de plantes.

La digue aux aigrettes
La digue ceinture un bassin aménagé par l'homme pour réguler le niveau d'eau et favoriser la reproduction des oiseaux aquatiques: canards, bernaches, grandes aigrettes, grues et échassiers.

Transformé en marais, le bassin est envahi par une végétation aquatique et herbacée composée, entre autres, de typhas (quenouilles), de carex lacustre, de scipres et de sagittaires à grandes feuilles. Le marais fournit des habitats propices à la reproduction de la sauvagine (bernaches, canards).

Bernaches du Canada ou outardes (Branta canadensis)

Le marais est ceinturée par un canal qui assure la circulation d'eau libre.

Ouaouaron (Lithobates catesbeianus)
Le ouaouaron est la plus grosse espèce de grenouille d'Amérique du Nord. Son nom vient du Wendat, une langue iroquoise. Son chant grave imite le beuglement d'un taureau d'où son surnom de "grenouille taureau".

Grenouille léopard (Lithobates pipiens ou Rana pipiens)

Le marécage se distingue du marais par la présence d'arbres et d'arbustes.  

Sur la digue, un sentier gazonné est bordé par divers arbustes comme des aulnes rugueux, des sumacs et des sureaux. 

Instant magique: le vol gracieux d'une grue du Canada au dessus de la digue aux aigrettes (17.04.2016)

 Sur la rive, une hutte construite à fleur d'eau signale la présence probable d'un rat musqué (17.04.2016). En se nourrissant des racines de plantes aquatiques, ce dernier participe à entretenir le marais et à favoriser la circulation d'eau libre en son sein.

La baie aux grenouilles (Pointe-Fraser)
Recouvert d'une végétation herbacée et arbustive dense (quenouilles, aulnes, saules, aubépines), le marécage est irrigué par des canaux et est parsemé de petits îlots boisés. En bordure du marécage, des milieux secs abritent divers arbres caractéristiques de la forêt méridionale du Québec (érables, caryers, frênes, tilleuls, cèdres , noyers cendrés).

Vue panoramique du marais depuis la tour d'observation. L'endroit est propice à l'observation du balbuzard pêcheur, un rapace piscivore.

 Au cœur du marécage arbustif, de petites buttes constituées de moraines glaciaires forment des ilots boisés.
Une passerelle sur pilotis permet de s'aventurer au cœur du marécage. Au bout de la passerelle, le canal se perd dans la végétation arbustive pour rejoindre le ruisseau Fraser, un affluent du fleuve Saint-Laurent (17.04.2016). 

Sous-bois du Trille penché
En bordure du marécage, une forêt de thuyas et de tilleuls constitue un milieu favorable à la présence d'un peuplement de Trille penché.

Rare dans le Sud du Québec, le trille penché (Trillium cernuum, Mélanthiaceae) est une espèce boréale qui affectionne les bois humides soumis aux inondations printanières. Sa fleur blanche est cachée sous le feuillage.
Gros plan sur la fleur dont les 3 pétales sont recourbées ver l'arrière

Rouge à l'extérieur et jaune à l'intérieur, la fleur pendante de l'Ancolie du Canada (Aquilegia canadensis, Renonculaceae) se prolonge en un étroit éperon droit. Son nectar attire les colibris et les papillons. L'Ancolie du Canada pousse aussi bien dans les milieux secs et humides, sablonneux et rocheux.

Bois d'enfer, secteur Piasetski
Plus au sud, le milieu qui est plus sec abrite une érablière à caryers, une forêt typique du sud-ouest du Québec. À la frontière entre le boisé et le marécage s'étend un vaste peuplement de sumac à vernis ou bois d'enfer et de chou puant ou symplocarpe fétide. Au détour d'un sentier, on peut entendre le tambourinement sourd d'une gélinotte huppée.

Le vieil arbre au début du printemps (17.04.2016)

Le sous-bois devient progressivement marécageux comme en témoigne la présence de fougères et de chou puant. Il faut être prudent, car le secteur est infesté de tiques.


Au moi de mai, le chou-puant déploie déjà ses large feuilles vertes. Il est une des premières plantes à fleurir au printemps.

 Fleurs du chou puant plus tôt au printemps (17.04.2016)
Paysage du marécage du bois d'enfer au début du printemps, mi avril (17.04.2016).

Pour en savoir plus: 

dimanche 27 mars 2016

Fonte des neiges à l'île Saint-Bernard (Châteauguay)

Le Refuge faunique Marguerite-D'Youville est un milieu naturel protégé situé sur l'île Saint-Bernard, à proximité de Montréal. À la rencontre de la rivière Châteauguay et du fleuve Saint-Laurent, l'île est parsemée de marais et marécages, de friches et de boisés (chênaies, érablières).

La forêt recouvre la partie ouest de l'ile Saint-Bernard. Elle est constituée, entre autres, de chênes, de hêtres et d'érables.

Fin mars, la glace et la neige persistent dans les sous bois.

Un Cardinal rouge mâle (Cardinalis cardinalis, Cardinalidae) dont le plumage rouge détone au milieu de la sloche ou névasse (neige gorgée d'eau)

Une Sittelle à poitrine blanche (Sitta carolinensis, Sittidae), curieuse et bruyante, émet de petits cris et sifflements pour nous signaler sa présence et obtenir quelques graines. Omnivore, elle se nourrit aussi bien de graines que d'insectes (cochenilles, psylles, charançons).

Vue sur le Mont-Royal et le centre ville de Montréal depuis la pointe Nord de l’île Saint-Bernard

Le Bruant chanteur (Melospiza melodia, Emberizidae) est un passereau qui affectionne les fourrés et buissons en bordure des étangs. Il est principalement granivore.

L'érablière à caryers inondée par la fonte des neiges

À la fonte des neiges, le marais envahit les sous bois et devient marécage.

Une Bernache du Canada (Branta canadensis, Anatidae), appelée aussi Outarde, traverse la petite digue pour rejoindre le marais.

Le marais et  les friches au centre de l'île Saint-Bernard

Un couple de bernaches qui semble figé sur la glace... pour l'éternité

 
 Un jeune Cerf de Virginie (Odocoileus virginianus, Cervidae) à la recherche de nourriture dans les friches

Sur les berges inondées de la rivière Châteauguay, la base d'un tronc rongé témoigne de la présence d'un castor. 

Le niveau de l'eau est descendu si rapidement que de petites plaques de glace sont restées accrochées à la base des arbres.

Un autre couple de bernache, jouant à cache cache dans les friches

Un rat musqué (Ondatra zibethicussur, Cricetidae) sur les berges encore glacées de la rivière Châteauguay

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